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Etienne Hugel
Compte
tenu de la popularité des Riesling et Gewurztraminer,
qu'est ce vous apporte des vins d'autres cépages
comme Pinot Blanc, Sylvaner ou Pinot Noir?
Pinot
blanc est peut être le moins typé Alsace de
tous nos cépages. Pour des gens qui sont buveurs
de Chardonnay la transition est plus aisée aux vins
d'Alsace avec le Pinot blanc car il est plus neutre. Il
nous permet d'attirer de nouveaux dégustateurs vers
les vins d'Alsace.
On commence
à oublier le Sylvaner. On l' utilise surtout pour
un vin d'assemblage, le gentil, notre vin d'entrée
de gamme. Un grand succès, avec 350 000 bouteilles
vendues.
Le Pinot
noir est un peu anecdotique. C'est un vin qu'on vend essentiellement
sur le marché français. C'est un vin léger
et désaltérant. Dans un grand millésime
comme 2003 on arrive à faire une cuvée qu'on
appelle Jubilee. Elle s'approche d'une vinification des
vins de Bourgogne.
On peut
dire que l'Alsace reste une région de grands vins
blanc secs et aromatiques.
Pouvez vous nous donner des informations sur les
millésimes récents, depuis 2000?
Dans
l'ensemble le meilleur millésime en Alsace, peut
être depuis 1990, est le 2001.
2001
a produit des vins avec une belle maturité, un équilibre
et une harmonie qui en font des vins de grande garde.
2000
est très charnu, très mur, très flatteur,
néanmoins il n'a pas l'élégance du
2001.
2002
fut une relativement grosse récolte donnant un vin
plaisant, agréable. On a eu certains grands Riesling.
Mais dans l'ensemble le millésime est un peu en dessous
de 2000 et 2001.
2003
est une année atypique, l'année sécheresse.
On a des Pinot Noir d'anthologie. Notre plus beau millésime
en 15 ans pour les rouges. Sinon très charnu, très
ample, très souple, déjà très
flatteur, à boire relativement jeune.
Que pensez vous du millésime 2004?
2004
est une année de grosse récolte. Des vins
ont souffert des pluies. Ce n'est pas une année à
vendange tardive. 2004 donne des vins bien typés
Alsace, aromatiques, élégants, désaltérants.
Pas un grand millésime mais un millésime correct.
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de l'interview avec Etienne Hugel